8 mars, journée internationale des droits des femmes

En cette journée internationale des femmes du 8 mars, nous vous présentons 8 femmes françaises à la tête d’entreprises très engagées dans le made in France, mais aussi dans l’écoresponsabilité.

Cette journée internationale des droits des femmes est instaurée depuis 1975 par l’Organisation des Nations Unies. Parmi tous les droits reconnus, figure bien évidemment celui de fonder et diriger une entreprise… et elles sont nombreuses dans le made in France à le faire avec brio. Si la tendance de la parité homme-femme avait déjà attiré notre attention l’an passé, force est de reconnaître qu’elle ne fait que se conforter cette année encore. Sur l’ensemble des entreprises dont nous avons parlées depuis le 8 mars 2021, bon nombre d’entre elles sont dirigées ou codirigées par une femme et ce, dans tous les secteurs de notre économie. Bien évidemment, le made in France fait partie intégrante de la volonté de ces femmes de concevoir et de fabriquer autrement. Toutes sont également très engagées dans une nouvelle manière de diriger l’entreprise, de la rendre plus humaine, plus sociale, plus vertueuse sans pour autant perdre de vue les objectifs de croissance avec une gestion rigoureuse.

Aujourd’hui, 8 femmes nous donnent leur avis – souvent très tranché – sur la place de la femme entrepreneure dans le made in France.

“Être entrepreneure dans la Beauté dans le made in France m’a permis de remonter à la source, jusqu’à la culture des ingrédients qui sont dans nos produits. En France, nous avons une richesse de savoir-faire qu’il faut valoriser. Nous avons aussi des chercheurs, des scientifiques par qui j’ai eu la chance d’être accompagnée dans mon projet. Travailler dans le made in France, c’est aussi travailler main dans la main avec des artisans français. Mais ce sont aussi des rencontres amicales et de soutien avec des femmes et des hommes passionnés qui vivent comme moi les joies et les difficultés de la création d’une marque, d’une entreprise. Être entrepreneure aujourd’hui dans le made in France, c’est chaque jour donner du sens à ce que l’on fait et être porté par l’envie de faire découvrir le savoir-faire français en France, mais aussi à l’international.”

Hélène Azancot, fondatrice de Yodi

Fondée en 2021 par Hélène Azancot, ancienne DG de plusieurs marques du 1er groupe mondial de l’univers de la beauté, Yodi innove et fait bouger les lignes avec ses shampoings et nettoyants visage en poudre. Hélène a apporté toute son expertise et sa passion pour réinventer une cosmétique naturelle, efficace, respectueuse et source de bien-être. Ses premières recherches se font autour des macérats de fleurs et notamment de roses et de jasmin de Grasse. Elle rencontre ainsi de nouveaux agriculteurs qui travaillent en Bio et souvent avec des artisans ou des petites sociétés françaises de fabrication d’huiles. Elle est également accompagnée dans son projet par un microbiologiste, spécialisé sur le microbiome de la peau, qui lui fait rencontrer des entreprises qui investissent dans de nouvelles techniques d’extractions green. Elle décide alors de travailler main dans la main avec des artisans français comme un savonnier dans le Perche établi depuis 50 ans, un fabricant d’huile Muesli en Bretagne, un fabricant de poudres à froid près de Bordeaux ou encore un fabricant de soin cheveux dans la Drôme. C’est la multitude de ces rencontres et ces mutualisations de savoir-faire qui font de Yodi une marque précurseur avec la formulation de ses soins sans eau, ouvrant la voie à de nouveaux gestes de beauté.


C’est une chance moi pour de pouvoir entreprendre à travers l’histoire de l’art de la table en France ! Une vraie chance de soutenir un savoir-faire vieux de plus de deux siècles ! Je suis ultra reconnaissante de cela et je me bats pour le faire toujours plus connaitre et le faire pérenniser encore plus dans le temps ! Mettre en avant les ouvriers et leur passion est salvateur pour moi, un vrai sens de vie !”

Titaïna Bodin, fondatrice d’Ogre La Fabrique

Titaïna Bodin est devenue cheffe d’entreprise à 32 ans. Après 8 ans en tant que contrôleuse de gestion, elle décide de quitter son CDI douillet à Paris pour tenter l’aventure entrepreneuriale. Son tour du monde en 2019 va devenir la clé de voute du projet Ogre La Fabrique. En effet, pendant cette aventure, elle constate qu’une chose universelle nous connecte tous : les moments partagés autour d’un repas. En rentrant, Titaïna se met en quête d’une vaisselle qui lui ressemble : française et locale, éco-responsable, durable… et abordable. Malheureusement, elle constate très vite que cette offre n’existe pas ou plus sur le marché français. En effet, face à la mondialisation, près de 80 % des manufactures hexagonales de vaisselle ont été fermées depuis le début des années 2000. Forte de ce constat, Titaïna Bodin décide de lancer son entreprise, Ogre La Fabrique, qui véhicule un concept simple : fabriquer de la vaisselle locale, quotidienne que les Français pourront se procurer à un prix raisonnable. Les assiettes en porcelaine Ogre La Fabrique sont ainsi entièrement réalisées dans deux usines françaises : l’une située au Dorat en Haute-Vienne, l’autre à Chauvigny dans la Vienne avec des matières premières françaises, 100 % naturelles. 


“En tant qu’entrepreneure, j’ai envie de clamer que réindustrialiser la France c’est possible et je suis fière d’apporter ma pierre à l’édifice ! Nous devons préserver et mettre en lumière nos savoir-faire français, que ce soit la corsetterie, la maroquinerie, la haute couture, etc.
En tant que femme, je suis d’autant plus heureuse de mettre à l’honneur un produit des plus féminins : la lingerie.”

Alexia Pellassy, fondatrice de Meïla Paris

Après quelques années dans le conseil, Alexia Pellassy a eu envie de se lancer dans un projet utile et en phase avec ses valeurs. Le secteur de la lingerie s’impose assez vite puisque, selon ses dires, “c’est un tiroir de ma garde-robe que j’affectionne.” Elle décide de créer Meïla afin de réconcilier ses trois exigences : proposer une lingerie à la fois raffinée, confectionnée en France et dans des matières responsables et douces pour préserver l’intimité des femmes. Par ailleurs, Alexia souhaite également valoriser le savoir-faire corsetier, et participer à la redynamisation du secteur textile français en travaillant avec des artisans du territoire. Elle fait ainsi appel à l’expertise des 39 couturières de l’entreprise Indiscrète pour la confection et se fournit auprès de fournisseurs français ou européens pour ses matières premières naturelles, recyclées ou issues de valorisation de stocks dormants, certifiées, a minima, Oeko-Tex standard 100. Sa toute première collection baptisée Souffle de liberté combine élégance et confort avec des pièces – haut, bas et même pyjamas – extrêmement féminines proposées en quatre coloris délicats : Craie, Bois de santal, Bleu nuit et un imprimé aux motifs végétaux des plus réussis.


“Être une femme entrepreneure dans le made in France, c’est oser imaginer de nouvelles filières pour co-créer des produits à faible impact environnemental et à forte justice sociale ! Chez Gobi, je suis aussi particulièrement attentive à travailler en écosystème (associations, partenaires industriels, autres entreprises engagées) pour transformer ensemble notre économie et nos imaginaires”.

Florence Baitinger, fondatrice et présidente de Gobi

C’est en 2010 que la marque Gobi voit le jour grâce à l’implication de trois associés voulant faire disparaître le plastique jetable de nos bureaux. Aujourd’hui, Gobi est toujours pilotée par ses deux cofondateurs historiques, Florence Baitinger et Samuel Degrémont. Devant l’invasion des contenants en plastique jetable, ils décident de réagir et naît ainsi la première gourde Gobi, fruit d’une collaboration pluridisciplinaire entre designer, sociologue, une chercheuse en santé des matériaux et un partenaire industriel. Mais le plus dingue dans l’histoire est la volonté de tout faire en France, une relocalisation avant l’heure qui a réclamé également d’être suivis par des partenaires industriels. L’arrivée de la Gobi Indoor en verre représente l’étape ultime en matière d’engagement pour la planète au point que cette gourde va être distribuée en exclusivité à tous les participants de la COP21. Fidèles à leurs promesses de départ, Florence et son associé Samuel vont tout faire pour conserver cette fabrication française en créant directement et indirectement plus de soixante-dix emplois, dont plus d’une vingtaine dans l’ESAT de Rosebrie à Mandres-les-Roses.


“Je suis fière d’appartenir à la dynamique de production française car j’y rencontre au quotidien des acteurs et des partenaires privés ou publics passionnés, compétents et novateurs, ouverts à la collaboration, mais également engagés pour prendre soin de notre santé et de notre planète. En cette journée de la femme, j’ai envie que la question du métier de mon conjoint ne soit plus un sujet régulièrement mis sur la table lorsque je me présente comme la dirigeante d’une entreprise, simplement car j’imagine que cette question n’est jamais posée à mes homologues masculins… En dehors de cela, j’encourage toutes les femmes de France à entreprendre pour venir grossir les rangs de la reconquête de la production made in France !”

Annabel Théate, fondatrice et dirigeante Tridi SAS

Après 4 années de recherches pour parvenir à faire de l’impression 3D avec des matières premières alimentaires, Tridi Foodies révolutionne le monde du goodies. On croyait avoir tout vu en matière d’objets publicitaires, mais l’invention d’Annabel Théate vient bousculer toutes les certitudes. Imaginez, votre logo qui se mange, se croque, se suce ou se touille ! Tout cela avec du sucre de canne, des fruits, du miel et sans gélatine, sans allergènes, sans sirop de glucose et sans conservateurs ou autres additifs controversés. En quelques mois, l’entreprise d’Annabel Théate connaît un vif succès et signe de très belles réalisations avec, en point d’orgue, des visions sur un évènement planétaire qui doit se tenir en 2024 en France… Les foodies font autant appel à notre gourmandise qu’à notre intérêt légitime porté à un cadeau reçu. Capable de produire plus de 5 000 articles par jour avec une précision de 100 microns, Tridi Foodies travaille avec plus de 21 arômes, des millions de couleurs, des recettes véganes et dans le respect des chartes graphiques de ses clients.


“On remarque depuis quelques années que la place de la femme évolue dans le milieu de l’entreprenariat et plus spécifiquement dans le secteur industriel. Pour ma part, j’ai la chance de collaborer avec mon mari qui m’a laissé m’affirmer au sein de notre entreprise au même titre que n’importe quel associé. Même si les femmes sont encore en minorité sur des postes de dirigeants d’entreprise, je pense que cela est dû à des choix de vie et non à des barrières qui leur sont mises. Dans la Maison Broussaud, les femmes ont toujours joué un rôle important, à l’instar d’Adrienne en 1938 et de Brigitte en 1982. Je pense que la femme doit avoir le courage de s’affirmer et d’entreprendre si elle en a envie et qu’elle n’attende pas qu’on lui en laisse la possibilité.”

Alexandra Broussaud, codirigeante de la Maison Broussaud

En 2000, Alexandra entre au remaillage chez Broussaud, un fabricant français de chaussettes et de collants depuis 1938… sans imaginer que son destin est en train de s’écrire. En 2006, Aymeric et Alexandra Broussaud décident de reprendre la société. Et c’est tout naturellement qu’ils se partagent les tâches de la direction. Alexandra a la charge de la production, du tricotage au design en passant par l’achat des matières premières. Aymeric chapeaute le commercial et la technique ainsi que la grande distribution. Ensemble, ils gèrent les relations clients. Pleinement investis dans l’entreprise familiale, ils revisitent leurs collections, modernisent les produits, agrandissent la manufacture sans jamais déménager du Limousin, mais conservent l’essentiel : l’authenticité, la qualité, la solidité et la fierté du travail bien fait. Leur engagement en matière de transmission des savoir-faire leur vaut d’être labellisés Entreprise du Patrimoine Vivant et certifiés Origine France Garantie.


“Une femme d’affaires dans le made in France, c’est un peu comme une feuille de menthe dans un entremet chocolat : elle apporte l’équilibre, la finesse et de la fraicheur. Notre société actuelle a été directement impactée par des décennies de greenwashing, de fast-fashion et autre surconsommation et les femmes entrepreneures du made in France ont su recentrer nos envies vers l’essentiel : consommer responsable, local comme un retour aux sources. Elles ont su transformer la French Touch en Tout Français”.

Jennifer Corna, directrice Hadéen SAS

Pas facile de sortir du lot en matière de plateforme de vente en ligne tant cette option semble être la nouvelle norme du commerce. Pourtant, Jennifer Corna a su se différencier avec un concept innovant et surtout très engagé. Ainsi, son site ne regroupe que des sociétés françaises et toutes sont des artisans, des auto-entrepreneurs et, dans tous les cas, des TPE ou PME. Elle ne sélectionne que des produits ayant, d’une manière ou d’une autre, un impact écologique positif : respect des circuits courts, vegan, recyclable, fait main avec des ingrédients naturels ou issu du commerce équitable. Jennifer insiste également sur l’utilisation de matériaux recyclés, le zéro déchet et l’absence de cruauté animale. Ces bases rigoureuses étant posées, artisans et petites entreprises ont trouvé là un support idéal pour la commercialisation de leurs articles d’autant que Jennifer a tout fait pour faire connaître sa plateforme de vente en ligne et ses spécificités.


“Pour moi, être une femme dans le monde de la fabrication française n’est en rien différent d’un homme. Je suis convaincue de la force vive du réseau made in France et de l’impact que pourrait avoir la recommandation entre tous ses acteurs auprès de l’ensemble des consommateurs.”

Caroline Juvin, fondatrice de Fleurs Pois & Cie

En 2014, Caroline Juvin lance Fleurs Pois & Cie, sa marque de lingerie 100 % française, 100 % coton tissé certifié GOTS et/ou Oeko-Tex, sans armatures ni baleines. Sa volonté ? Créer des sous-vêtements qui conviendront à toutes les morphologies. De la taille 34 au 52 et du 75AA au 105F (et même un bonnet AAA depuis 2021 !), la marque présente plus d’une vingtaine de collections pensées pour toutes les femmes, de la menue à la plus forte, de la plus jeune à la plus mûre… avec la possibilité de réaliser, sur commande, des tailles spécifiques. Caroline s’est aussi intéressée aux hommes en leur proposant des caleçons éthiques et confortables en coupe américaine ou anglaise, aux motifs fleuris ou à pois… mais toujours dans l’optique de répondre à toutes les demandes, du 34 au 54. Enfin, Fleurs Pois & Cie, ce sont aussi de très beaux pyjamas et nuisettes dans un esprit homewear chic, à porter de jour comme de nuit.

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