La Haute-Marne respire et inspire

Viaduc de Chaumont ©Ph-Lemoine

Département discret, la Haute-Marne est le berceau d’hommes et de femmes célèbres et celui d’industries au top mondial de leur spécialité. Face à la tendance migratoire des citadins vers les zones rurales, la Haute-Marne a décidé de jouer franc-jeu et de montrer tout son potentiel. Pour cela, elle dispose d’arguments solides qu’elle met en avant avec succès depuis 2016 en se positionnant comme une marque – une véritable signature – reprise par tous les acteurs du département, habitants, PME, collectivités, associations et administrations. La Haute Marne Respire et Inspire !

Située entre Paris et Mulhouse, la Haute-Marne revendique plus d’un hectare de forêts par habitant et un prix de l’habitat au mètre carré inférieur à 900 euros. Voici quelques indices géographiques et historiques qui devraient vous aider à la situer. En venant de Paris direction est, vous entrez dans la Haute-Marne par Colombey-les-Deux-Églises, village qui abrite le mémorial de Charles de Gaulle. Au centre du département, on trouve la ville de Chaumont ou siège Le Signe, le Centre National du Graphisme, connu pour ses expositions et pour ses formations très recherchées par les étudiants du monde entier. Un peu plus au sud, Langres et son célèbre fromage AOP. Une ville citadelle posée sur un plateau et ceinte d’une muraille de plus de 8 kilomètres de long, la plus longue d’Europe. C’est la ville de Denis Diderot et c’est dans le château de Cirey sur Blaise que Voltaire va s’installer et où il entretiendra une relation aussi amoureuse que philosophique avec Gabrielle Émilie de Breteuil, Marquise du Châtelet et propriétaire des lieux. Totalement à l’est du département naissent Edmond et Jules Huot de… Goncourt à l’origine de la célèbre Académie. D’autres personnalités de l’édition et de la littérature sont de la région comme Albin Michel ou l’astronome Camille Flammarion dont le frère Ernest fut le fondateur de la maison d’édition. C’est également un territoire de traditions industrielles, coutellerie, fonte d’art, vannerie, vitrail et céramique, sans oublier les artisans bourreliers qui firent et font encore la réputation du département.

Haut lieu de la coutellerie

C’est entre Chaumont et Langres que se trouve Nogent, l’une des capitales de la coutellerie et de la cisellerie françaises. Depuis le XIVe siècle, la ville n’a fait qu’accroître sa réputation et celle des milliers d’ouvriers qu’elle comptait encore à la fin du XIXe. À quelques kilomètres, le village de Biesles abrite encore de grands noms comme Eloi Pernet fabricant d’instruments médicaux de grande précision ou encore Nogent 3 Étoiles et son fameux épluche légume. Une tradition de coutellerie et de cisellerie qui se perpétue au sein d’entreprises labellisées EPV comme Mecadis ou la Société des Couverts de Mouroux, spécialisée dans la fabrication de couverts de table. Bien évidemment, un tel passé se devait d’être honoré par le musée de la coutellerie à Nogent, qui en retrace toutes ses grandes dates à travers une superbe collection.

Fonderie et art

La Haute-Marne dispose de tout ce qu’il faut pour travailler le métal. De l’eau, du bois et du minerai de fer ainsi que du sable pour les moules. Ici, la métallurgie ne date pas d’hier puisque c’est dans la vallée de la Blaise que seront fondues les 400 plaques de cheminées pour le château de Versailles en 1681. Une reconnaissance qui fait éclore au XIXe siècle une spécialisation dans la fonderie d’art à l’image des fontaines Wallace des places parisiennes et des lampadaires des Champs Élysées. Ajoutez à cela statues et autres monuments commémoratifs nationaux et vous aurez un aperçu de ce qu’est la tradition de la fonderie d’art en Haute-Marne. Des entreprises qui emploient plus de 8 000 salariés dans plus de 228 établissements qui ouvrent d’ailleurs leurs portes au tourisme industriel.

C’est dans les environs de Saint-Dizier que se trouve le premier bassin de fonte européen avec des sociétés mondialement reconnues. Quatre exemples donnent une idée de l’étendue des talents de la région à l’image des Forges de Bologne, plus grande forge de France pour l’aéronautique, des Forges de Courcelles spécialisées dans le secteur automobile, de l’Établissement Maurice Marle à Nogent, première forge de France pour le médical, sans oublier les Aciéries Hachette et Driout, fonderie la plus moderne d’Europe pour les moulages à moule perdu de pièces complexes pour le ferroviaire et le nucléaire. Autour du métal, d’autres entreprises marquent leur territoire comme Ferry-Capitain à Vecqueville, spécialiste de la fonte des plus grandes pièces destinées à l’industrie, et Ferro France, filiale française du géant Ferro Corporation, leader mondial de la production de poudre à émaillage du métal, du verre et de la céramique. La renommée de ces dernières les place comme principaux exportateurs du département. On dit même qu’il n’y aurait aucun pays au monde ne possédant pas une pièce fabriquée par Ferry-Capitain ! Quant à Hachette et Driout, sa faculté à produire des formes complexes lui permet d’exporter en Chine pour le train à grande vitesse. Notez que ces entreprises mutualisent une partie de leurs connaissances dans un vaste “Plan de progrès fonderie” qui vise à valoriser les déchets et la protection de l’environnement.

Du fromage à la vannerie en passant par les fleurs

Fayl-Billot ©Ph-Lemoine

Avec ses deux appellations AOP que sont Langres et Époisses, la Haute-Marne accueille également des marques plus grand public comme Caprice des Dieux dont il se vend deux boîtes par seconde dans le monde. Installée à Illoud-en-Bassigny, ce fromage est né dans l’entreprise créée par Jean-Noël Bongrain en 1956, devenue aujourd’hui le puissant groupe Savencia Fromage & Dairy, coté en Bourse et placé au 2e rang français des groupes fromagers et au 4e rang mondial. Le groupe a ouvert La Divine Fromagerie qui retrace les six décennies de la marque à travers une visite ludique et pédagogique pour tout connaître de la fabrication des fromages. Tout au sud du département, le pays de la vannerie, Fayl-Billot, Bussières-les Belmont, là où est cultivé l’osier, travaillé manuellement pour donner naissance à des objets traditionnels et à des œuvres d’art. Le pays haut-marnais regorge d’artisans aux savoir-faire ancestraux : l’Atelier Rêve de Verre et son art du vitrail ou le Moulin de la Fleuristerie à Orges, labellisé EPV et spécialisé dans la fabrication d’accessoires pour le Haute Couture et la décoration. Un lieu mythique à découvrir avec son moulin à aubes qui entraîne toujours les machines du XIXe siècle pour perpétuer cet artisanat d’art unique en France et dont la Haute Couture ne peut se passer.

Prête à vous recevoir

Que ce soit pour un week-end ou un changement de vie plus radical, la Haute-Marne est prête à vous accueillir et tout est fait pour faciliter l’installation d’une famille, d’une entreprise ou d’un artisan. Une qualité de vie que l’on retrouve dans son slogan la “Haute Marne Respire et Inspire”. Certes, il faut avoir une activité, mais le département est à votre écoute et il propose des aides à l’installation. Vous pourrez alors profiter d’une cure thermale à Bourdonne-les-Bains ou des bienfaits d’une balade en forêt dans des réserves nationales abritant de nombreux cervidés, sans oublier les lacs pour les loisirs aquatiques, on y pratique même la plongée sous-marine et la planche à voile !

Les prothèses médicales en Haute-Marne

Avec plus de 35 % de la production mondiale d’implants orthopédiques et d’instruments médicaux, la région du sud de la Champagne a développé depuis plusieurs décennies des techniques de pointe dans le secteur de la prothèse chirurgicale. Petit tour d’horizon de quelques acteurs majeurs. Par Claire Nioncel

Le marché des implants chirurgicaux croît régulièrement de 7 à 8 % par an, en raison du vieillissement de la population, des progrès de la chirurgie ambulatoire, et aussi du développement du maintien à domicile. Côté prothèses, si on pense d’emblée hanches et genou, l’évolution porte aussi vers des appareils inspirés de la biologie humaine, reproduisant les caractéristiques fonctionnelles et anatomiques d’un membre. Les progrès sont permanents et les entreprises doivent toujours être à la pointe. Elles sont ainsi une trentaine, réunies dans la Prosthesis Valley entre Nogent et Chaumont, et emploient plus de 2 000 salariés dans des sociétés spécialisées dans les dispositifs médicaux, mais aussi un laboratoire de recherche, une université et un centre de ressources technologique (1). Dès 2016, il intégrait, avec le cluster Nogentech, le réseau thématique de la santé Health Tech de la French Tech. Il s’agit d’un marché d’innovations futuristes avec le développement des robots, des imprimantes 3D et des exosquelettes. Les commandes à l’export sur ces marchés sont croissantes et un vrai débouché s’ouvre, en particulier sur l’Asie. Un souci majeur demeure pour ces entreprises : trouver sur place la main-d’œuvre qualifiée pour faire face à cette explosion de la demande.

(1) Université de Technologie de Troyes (UTT) et Centre Régional d’Innovation et de Transfert de Technologie, Matériaux, Dépôts et Traitements de Surface (CRITT MDTS)

Quelques repères

• Une prothèse de hanche sur trois posées dans le monde est fabriquée sur le territoire.

• Une prothèse d’épaule sur quatre implantées dans le monde est fabriquée en Haute-Marne.

Des entreprises fleuron

• La société Marle emploie 200 salariés. C’est le leader européen d’implants orthopédiques forgés, prothèses de hanches, d’épaules, de genoux, de rachis, plaques tibiales. Marle exporte 47 % de sa production.

• Avec 125 salariés, B. Braun Aesculap est spécialisée dans la production de prothèses de genoux et d’instrumentation de pose. 50 000 prothèses du genou sont produites annuellement à Chaumont, quasiment toutes destinées à l’export, un nombre qui devrait doubler d’ici 2020.

• Tornier/Wright rassemble 20 salariés sur son site de Nogent. L’entreprise fabrique des vis en titane implantées dans les phalanges, les chevilles (110 000 vis et 20 000 plaques produites par an).

• Et aussi : Integer avec 400 salariés, Oury-Guye fils avec 44 salariés, Maire Didier avec 40 salariés, C2F Implants et ses 28 salariés.

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