Journée internationale des droits des femmes

Depuis que nous avons créé ce magazine dédié au fabriqué en France, nous avons croisé le chemin de nombreuses entreprises et, force est de constater qu’au niveau parité, les femmes sont particulièrement bien représentées. À croire même que le genre n’existe pas tant femmes et hommes ne font qu’un seul bloc pour entretenir et faire rayonner les savoir-faire français.

Cette journée internationale des droits des femmes est le fruit d’une longue lutte engagée en Europe et aux États-Unis dès le début du XXe siècle par des femmes réclamant de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Tous les pays ne vont pas satisfaire ces demandes de la même manière et avec la même rapidité. Il faut attendre 1975 pour que l’Organisation des Nations Unies daigne célébrer la Journée Internationale des Femmes le 8 mars, comme elle a accordé de célébrer celle des légumineuses le 10 février, celle du thon le 2 mai ou de la bicyclette le 3 juin. Bref, les femmes ont très vite compris que leur destin leur appartenait et les 10 femmes qui illustrent cette journée pour notre magazine nous ont toutes envoyé un commentaire qui en dit assez sur leur vision de la société. En vérité, si vous parcourez quelques articles sur ce site, vous comprendrez bien vite qu’elles sont bien plus que 10 et que dans presque toutes les entreprises que nous vous présentons quotidiennement, il y a toujours une ou plusieurs femmes essentielles à la bonne marche de l’entreprise. Une chose est certaine, dans le fabriqué en France, elles sont heureusement partout et parfois même là où on ne les attend pas !

“Être une femme entrepreneur dans le made in France ou pas d’ailleurs, c’est apporter une pierre essentielle vers plus d’équilibre. Je ne suis pas féministe, je suis ‘équilibriste’. Le made in France comme la part des femmes dans l’entrepreneuriat sont en fort développement et c’est tant mieux, car ce sont deux rééquilibrages essentiels pour faire face aux enjeux de demain.”

Véronique Girault Boisdon, fondatrice de Juste Inséparables

Après avoir travaillé plusieurs années pour une marque de la petite enfance, Véronique Girault Boisdon découvre l’importance de certains objets comme le doudou. Très vite, elle se rend compte que c’est l’une des premières histoires d’amour de bébé, presque un membre de la famille ! C’est un Super Objet. Pour être à la hauteur, ce doudou doit donc être fabriqué à partir de matières naturelles issues de filières certifiées, ne pas utiliser de polyester, accompagner l’éveil sensoriel de bébé avec un design unique et bien sûr être fabriqué en France. Ce sont toutes ces motivations qui l’ont poussée à lancer sa marque il y a 5 ans. Aujourd’hui associée à Valentine, Véronique travaille en circuits courts et collabore régulièrement avec des experts de la petite enfance pour élargir sa gamme. Pour développer la marque, Juste Inséparables s’appuie sur sa communauté grâce aux réseaux sociaux.


“J’avoue être fière d’exercer mon métier en tant que femme, car malgré les progrès, les cheffes d’entreprise ne sont pas encore assez nombreuses, j’apporte ainsi ma petite pierre à la construction de l’édifice de l’égalité professionnelle entre femmes et hommes ! D’autre part et je m’en réjouis, je donne du sens à ce que je fais en respectant des valeurs importantes comme la défense de la qualité du produit avec un prix juste et ce par le biais de sa conception et fabrication made in France.”

Valérie Pianelli-Guichard, PDG de Comptoir Sud Pacifique

En 2011, Valérie Pianelli-Guichard, italienne de naissance, française d’adoption, docteur en sciences pharmaceutiques et diplômée de l’ESSEC, rachète en fonds propres l’iconique enseigne au Motu bleu. Avec le rachat de la société et de son concept de marque, elle donne un nouveau souffle à Comptoir Sud Pacifique, maison de parfum née en 1974 grâce à la passion de deux amoureux de la Polynésie, premiers importateurs et distributeurs en métropole du Monoï tahitien. Elle souhaite ainsi défendre les valeurs de la parfumerie française indépendante et soutenir l’identité de la parfumerie de niche. Néanmoins, il aura fallu 6 années de travail pour rétablir l’équilibre financier de la marque, redonner du sens aux collections de fragrances, reconstruire l’image, renforcer son positionnement et élaborer une stratégie marketing et commerciale adaptée au secteur de ladite niche. En 2016, elle ouvre un flagship rue Saint-Roch à Paris, puis un second, deux ans plus tard, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés. Valérie Pianelli-Guichard se décrit comme une “entrepren’heureuse” : la marque continue à offrir son interprétation des lieux les plus lointains via des collections d’eaux de parfum et d’eaux de toilette.


“Toutes deux mamans, dynamiques, jamais à court d’idées et dotées d’une énergie débordante…. nous nous efforçons d’être là où on ne nous attend pas. Avec notre équipe 100 % féminine, nous nous considérons comme des artisanes confiturières aventurières : notre “grain de folie” est l’ingrédient indispensable à toute création.”

Estelle Sauvion et Magali Beck, fondatrices de Muroise et Compagnie

Estelle est la fille de Michel, créateur de nombreuses recettes de confitures dont la plus célèbre : Muroise®. En 2012, elle reprend le flambeau avec Magali, une amie de collège et petite-fille de producteurs de fruits rouges. Aujourd’hui, Muroise et Compagnie propose une trentaine de parfums de confitures, dont 15 bios, des produits exempts de tout colorant, conservateur, exhausteur de goût, antioxydant et avec une teneur en fruits de plus de 60 %. Attachées au patrimoine gastronomique français et aux saveurs typiques de chaque région, elles choisissent les meilleurs fruits, avec des “accents” régionaux, voire locaux, tous provenant de terroirs labellisés IGP. Toutes les confitures sont mitonnées dans un grand chaudron de cuivre et les pots sont remplis à la main. Fourmillant d’idées, elles ont aussi développé la Helljam (la confiture de l’Enfer) dans le cadre du Hellfest, Ma Confiture de Noël, la gourmandise de l’hiver, et, en collaboration avec Vincent Guerlais, le chocolatier nantais, “Les Enfantillages” des pâtes à tartiner. (@Cécile Langlois by @2pixelsphotos)


“Je n’aime pas l’idée de devoir préciser le genre à Entrepreneur car les qualités requises pour cette intense aventure sont les mêmes que l’on soit un homme ou une femme. Cependant cette classification existe et “Être une femme entrepreneur” dans un univers industriel et majoritairement masculin peut générer le doute ou le scepticisme vis-à-vis de vos interlocuteurs, mais dès lors que vous incarnez avec passion et détermination vos idées, l’équilibre se crée avec parfois une certaine admiration bienveillante”.

Corinne Manoa Graveleau, fondatrice de Pure & Paint

Corinne Manoa Graveleau, amoureuse de la matière et de la couleur, consciente très tôt des enjeux de santé et environnementaux, a fondé la marque Pure & Paint en 2015, convaincue qu’il était primordial de proposer de véritables alternatives à la pétrochimie pour les habitats. Suite à une reconversion professionnelle (auparavant dans l’évènementiel du sport), Corinne renoue avec ses premières passions : la couleur, la création, la décoration…Elle se forme à la décoration d’intérieur et auprès d’artisans pour apprendre et acquérir les différentes techniques d’applications des enduits, chaux, peintures, béton… Elle débute ses premiers chantiers de décoration et commence à se sensibiliser aux matières naturelles et écologiques de son secteur et ouvre son 1er espace dédié aux matières naturelles de décoration, Naturelles Substances à Lyon, en 2013. Sentant les frémissements d’une demande auprès de ses clients, elle se met en quête d’une peinture écologique et se rend compte qu’il n’en existe pas en France. C’est ainsi qu’elle décide de rendre ses “lettres de noblesse” aux produits naturels et crée le concept écolochic Pure & Paint et de le propulser dans l’univers de l’élégance et du raffinement qu’exigent le design et la décoration, avec un nuancier de peintures de plus de 1 000 teintes.


“Bâtir #ensemble la nouvelle éco-industrie française, une nécessité pour créer des nouveaux emplois en France, avec un impact environnemental positif.”

Sandra Legel, fondatrice & CEO de Biom Paris

Pas facile de percer et de faire parler de sa marque en produisant un balai brosse pour WC. C’est pourtant ce qu’a fait Sandra Legel en créant sa fameuse “bbb La Brosse”. La seule éco-conçue et fabriquée en France à partir de matières recyclées bio-sourcées. Il lui faudra des mois et s’entourer d’une équipe de designers, d’ingénieurs et de graphistes pour concrétiser son projet intimement lié à l’éco-industrie. Convaincue que l’innovation ne s’étend pas uniquement aux produits issus de la technologie, Sandra imagine avec son équipe une brosse WC avec une tête révolutionnaire et souple qui ne goutte pas et permet d’atteindre les zones difficiles pour éliminer les traces de saletés. On ne peut pas dire que Sandra ait choisi la facilité, mais dès la création de son entreprise en 2016, elle met toute son énergie dans ce projet. Malgré un rapide succès d’estime et une forte communauté sur les réseaux sociaux, il lui en faut plus et passer réellement à la phase de développement industriel de son produit. Pour cela, elle arrive à attirer des investisseurs à la fin 2020. Les résultats ne se font pas attendre avec l’arrivée de nouveaux produits pour le début du printemps et de nombreuses couvertures presses et télés pour celle qui reste : la créatrice de ces objets du quotidien laissés pour compte de l’innovation.


“La maison Dozorme est une manufacture atypique du bassin de Thiers où j’ai voulu que la modernité de notre outil de production se mette au service de l’artisanat pour faciliter tant physiquement qu’intellectuellement la création, mais également la transmission de notre savoir-faire. Transmission, qualité, innovation, création, révolution, autant de mots féminins qui peuvent qualifier la coutellerie  qu’on aurait pourtant pu penser comme étant l’apanage des hommes.”

Claudine Dozorme, CEO de la coutellerie Claude Dozorme

Arrière-petite-fille de Blaise Dozorme, le fondateur de la coutellerie en 1902, Claudine n’était pas destinée à ce métier après des études de gestion à Paris. Pourtant, en 1991, elle va reprendre, à la demande de son père Claude, le flambeau de la société familiale. Une femme à la direction d’une entreprise de coutellerie, cela bouscule les traditions, mais elle connaît parfaitement le métier et sait diriger ses artisans tout en industrialisant certaines étapes de la production. La coutellerie va prendre une nouvelle forme avec un atelier totalement modernisé en 1993 intégrant pour la première fois à Thiers un outil à découpe laser pour traiter les 10 tonnes d’acier qui vont se transformer en couteaux et fourchettes. Claudine apporte sa touche personnelle et insuffle un nouveau dynamisme à la marque centenaire. Sa réussite lui vaut même les honneurs de la République qui va lui attribuer l’Ordre du Mérite et la Légion d’Honneur.


“L’entrepreneuriat, c’est comme la vie : il y a des hauts et des bas. Comme dans la vie, lorsqu’on est bien accompagné/e, les difficultés sont moins difficiles à surmonter. Et pour moi, jusqu’à maintenant, dans l’entreprise comme dans la vie, le fait d’être une femme ne m’a ni aidée ni porté préjudice. En revanche, le fait de travailler en complet accord avec ses valeurs (dans mon cas en mettant en avant le savoir-faire et la qualité de la lunetterie française), c’est un moteur puissant et qui permet de faire face ! Cela donne du sens à ses efforts, et chaque réussite est encore plus savoureuse.”

Maryse Vittecoq, fondatrice de Les Lunettes de Louisette

Des lunettes avec des montures et des verres français, essayées puis livrées à domicile ou votre lieu de travail, c’est le concept imaginé par Maryse Vittecoq dès 2016, bien avant d’être copiée. Reste qu’elle est toujours la seule à proposer de nombreuses marques fabriquées en France et à des tarifs clairs qui restent les mêmes toute l’année. C’est dans toute la France qu’elle part à la rencontre des artisans lunetiers pour proposer des montures de qualité qu’elle assemble à des verres made in France dans son atelier nantais. C’est là que toute l’équipe des Lunettes de Louisette travaille et prépare les commandes des clients. Pour rayonner dans toute la région Grand Ouest, Maryse s’est entourée d’opticiens et opticiennes avec lesquels il suffit de prendre un rendez-vous pour organiser la rencontre soit à l’atelier, soit sur le lieu de votre choix dans la région. Plus de 300 montures femme et homme peuvent être présentées lors du rendez-vous où l’opticien vous conseillera en fonction de votre vue, votre utilisation, votre style et votre budget. À l’issue de ce rendez-vous, un devis est remis gratuitement. Il ne vous reste plus qu’à décider sachant que les prix sont fixes et sans surprise. (@Jean-Yves Piton)


“Entreprendre en France est une belle et merveilleuse aventure. Complexe, évolutive, bigarrée, et du coup, passionnante et enrichissante. Cette aventure est faite de kilomètres parcourus en voiture, en vélo, ou à pied, et non en avion, à la rencontre d’autres entrepreneurs à travers la France, et nos belles régions. Et cette aventure n’a pour moi pas de “genre”. Elle est accessible à tous ceux (et donc toutes celles !) qui osent et qui croient en leur rêve.”

Agnès Beuchet, directrice générale de Mako Créations

En 2013, alors qu’elle réalise une étude sur les marques intemporelles pour l’agence de communication & de marketing qui l’emploie, Agnès Beuchet découvre que Mako Moulages n’a pas disparu des esprits et que beaucoup aimeraient bien la voir renaître pour leurs enfants. C’est donc à l’issue de cette étude qu’elle décide de se lancer, d’abandonner son job et de racheter la marque Mako Moulages après une belle bataille juridique. En 2014, elle arrive, non sans peine, à faire revivre tout le réseau de partenaires indispensables. D’abord, les moules en latex en sauvant une entreprise de l’Allier du redressement judiciaire. Pour le plâtre, elle trouve un fabricant dans la région de Carpentras et un autre dans le Nord pour les sachets refermables. Après moult essais, c’est un fournisseur de l’Indre-et-Loire qui lui procure des peintures lavables et écolos. La boucle est presque bouclée, il ne lui reste plus qu’à trouver l’inspiration pour faire des moules permettant de créer des personnages dans des thématiques de notre époque comme les espèces protégées, la savane, les dinosaures et les monuments célèbres, sans oublier plusieurs princesses car Mako Créations n’est certainement pas un jouet genré !


“Entreprendre, pour moi, c’est à la fois viser les étoiles pour atteindre la lune, accompagner et faire grandir un projet en équipe, ne jamais se satisfaire de ce que nous avons accompli, mais regarder toujours plus loin et toujours plus haut, et faire vivre tout son écosystème. Entreprendre, c’est énergisant, et se lever tous les matins avec la pêche parce qu’on fait quelque chose porteur de sens !”

Christèle Merter, fondatrice de La Gentle Factory

Créée en 2013 au sein du groupe Happy Chic par Christèle Merter, La Gentle Factory fabrique des collections capsules pour Jules, Brice et Bizzbee. Ingénieure textile de formation, Christèle souhaite aller plus loin sur la voie de l’utilisation de textiles recyclés. Un premier pull voit le jour, mais le style et la communication ne suivent pas. Reste que l’expérience fait naître en elle le besoin d’aller plus loin pour créer des vêtements écoresponsables et esthétiques. Les premières collections sont distribuées dans le réseau Happy Chic. Encore une fois, cela ne suffit pas à Christèle qui sent bien le potentiel d’une nouvelle mode engagée et respectueuse de l’environnement. En 2019, elle quitte le groupe. La Gentle Factory devient une marque autonome avec son propre réseau de distribution. Le message est clair : concilier la mode et la durabilité. Sa formation lui permet de trouver les bons partenaires pour fabriquer des vêtements éco-conçus. Pour cela, elle utilise des fibres recyclées et des cotons bios et travaille en circuits courts avec ses fournisseurs. Cette nouvelle façon de concevoir la mode trouve rapidement son public et connaît un vrai succès d’autant que les collections s’étoffent rapidement, des essentiels pour homme et femme, sans oublier une ligne enfants. En seulement 3 ans, Christèle a fait de La Gentle Factory l’un des piliers de la mode française engagée pour la préservation de l’environnement.


“Créer une entreprise est un acte engagé, fou et passionnant. Il faudrait avoir toutes les qualités – sans défaut, tout faire bien – au bon moment, tout calculer – tout prédire… autant dire : mission impossible. Autant le savoir avant : ça ne marchera jamais comme on l’avait pensé… ALORS il faut juste suivre son instinct, ce qui est bon pour nous ? pour les autres ? pour la planète ? Et les femmes ont beaucoup d’instinct ! Laissez-le vibrer ! Laissez faire, laissez venir !  Avoir confiance en soi, en la vie…Créer une entreprise en tant que femme, proposant des protections intimes pour les règles, en 2009, avec des tissus bios et certifiés et 100 % made in France, ce sont 6 défis intenses, incroyablement engageants et difficiles… Vous y auriez cru ? Voilà la preuve est faite, c’est possible !”

Capucine Mercier, fondatrice de PliM

En 2005, Capucine Mercier, jeune ingénieure, rencontre une Amérindienne qui fabrique elle-même ses protections périodiques lavables en tissu. Pour son peuple, le sang menstruel n’est pas un déchet, à l’inverse, il est sacré. Convaincue, Capucine décide de créer PliM en 2009, pour sensibiliser les femmes aux Protections Lavables Intimes Menstruelles, en créant des produits Zéro Déchet aux exigences nouvelles : utilisation de coton bio, certifications maximales, fabrication made in France. Avant-gardiste et innovatrice, Capucine n’a de cesse d’élargir la gamme de ses produits d’hygiène intime. Pour les règles, les fuites urinaires, la maternité, la sexualité… Pour les femmes, les hommes, les ados, les bébés, la planète… PliM propose sans tabou des solutions saines et durables qui respectent l’intime et évitent la pollution.

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