Le cuir se renouvelle en matière biosourcée

@photos AFC

À l’occasion du prochain salon de l’agriculture, l’Alliance France Cuir va présenter trois grandes innovations qui ont pour but de dynamiser la filière du cuir.

Coup de tonnerre prévisible et anticipé, le SIA 2026 va s’ouvrir sans bovin. Les personnalités politiques vont devoir trouver autre chose que de caresser “le cul des vaches” comme le disait un ancien président de la République. Or ces mêmes vaches sont à la base de la filière cuir française qui, depuis 10 ans, traverse une période d’une rare intensité sur fond de crises sanitaires à répétition. “L’avenir de la filière cuir est indissociable de celui des éleveurs et des enjeux du monde agricole”, déclare Christophe Dehard, président de l’Alliance France Cuir, qui rajoute : “Toute la filière s’emploie à valoriser un co-produit issu de l’élevage de la filière agroalimentaire. Nous devons faire preuve d’audace et continuer de trouver ensemble des schémas de valorisation. C’est la force de notre collectif !”.

Rappelons que le cuir est issu du traitement des déchets de l’abattage des bêtes pour la consommation alimentaire humaine. Les éleveurs français n’élèvent pas des vaches pour leur cuir. Autrement dit, l’ensemble de la filière cuir est certainement la plus efficace en termes de traitement des déchets. Pour autant, durant ces 10 dernières années, la France a perdu 1,8 million de bovins et les éleveurs — premiers contributeurs de la chaîne de valeur — sont les premières victimes des différentes crises sanitaires à répétition que traverse le pays.

Devant ce constat, l’Alliance France Cuir est parfaitement consciente des défis à relever collectivement par l’ensemble de la filière française du cuir. Ce salon est donc le lieu et le moment idéal pour vous donner rendez-vous dans le Hall 1 Stand 1 E 038 (au moment où toutes les caméras sont présentes) pour réaffirmer sa solidarité avec l’amont de la filière et promouvoir les dernières innovations et la très attendue labellisation de “matière biosourcée”. L’idée est de faire reconnaître le rôle du cuir dans l’économie circulaire, de combler un vide réglementaire et de consolider la valeur d’une matière durable, circulaire et réparable. L’enjeu est de taille car la filière cuir pèse lourd dans le fameux PIB dont on nous parle sans arrêt. C’est d’abord une filière d’excellence avec de nombreuses entreprises détentrices du fameux label EPV sur les 12 000 que comptent les 21 fédérations réunies dans l’Alliance. Cela représente 30 milliards de chiffre d’affaires dont 19 à l’export générés pas 170 000 emplois faisant de la France le 3e exportateur de cuirs et peaux bruts et le 3e exportateur d’articles de maroquinerie avec des entreprises de renommée mondiale.

Pour ce salon, l’AFC va présenter également 3 innovations destinées à mettre en lumière sa dynamique pour répondre aux besoins et aux nouveaux usages dans la mode, le design, la maroquinerie ou l’ameublement. Il sera ainsi possible de tester les cuirs tactiles permettant d’utiliser un smartphone tout en portant des gants. Une technologie développée par La Mégisserie de la Molière à Graulhet, utilisable autant pour des gants que pour la couverture de claviers tactiles haut de gamme. Vous pourrez voir également les cuirs lavables, adaptés aux usages intensifs, notamment dans le sport ou certaines pièces de vêtements. Et enfin, les cuirs stretch dont l’élasticité ouvre la voie à des applications inédites. Une innovation majeure pour la mode avec un cuir d’agneau ultra fin collé sur une toile à 98 % coton et 2 % élasthanne pour l’effet stretch. Un procédé de fabrication baptisé Magisco développé par Cuir du Futur à Graulhet et lavable en machine ! “La filière du cuir repose en grande partie sur le travail des tanneurs sachant que la qualité d’une peau ne peut être appréciée qu’à la moitié du process de tannage alors que plus de la moitié des coûts ont été engagés”, indique Sophie Hivert de la Fédération Française de Tannerie Mégisserie qui rajoute avec fierté que : “Grâce aux recherches développées par les tanneurs, les innovations s’accompagnent également d’une importante réduction de l’impact du tannage sur l’environnement. Ces innovations permettent aux cuirs d’être présents là où on ne les attend pas toujours !”.
Que l’on mange ou non de la viande, il est important de savoir que cette filière est l’une des rares à valoriser ses déchets avec des produits d’usage et de luxe. Qu’elle est créatrice d’emplois dans toutes les régions, et porteuse d’un savoir-faire français ancestral. Qu’elle est à la pointe de l’encadrement des pratiques d’élevage pour que chaque bête soit la plus possible protégée des marques de vie naturelles — rides, plis, cicatrices — qui témoignent de l’histoire de l’animal et participent de l’authenticité du cuir. La peau d’une bête blessée par des barbelés ne pourra pas être valorisée. Toutes ces considérations sont prises en compte pour améliorer les pratiques d’élevage, prévenir les maladies, maîtriser les gestes clés lors de la vie de l’animal jusqu’à la récupération des peaux.

www.alliancefrancecuir.org

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